Femmes chefs d'entreprises - Pomme verte

Posted by | mai 13, 2016 | Pomme Verte | No Comments

Avant de me lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat, je ne m’étais jamais vraiment interrogée sur la place de la femme dans le monde des chefs d’entreprise.
Il faut dire que je ne suis pas féministe (oui, bouhhh je sais, c’est pas à la mode…). Aussi, quand j’ai commencé à réfléchir à me lancer dans la reprise ou la création de mon entreprise, je ne me suis pas dit « oulala oui mais attention, je suis une femme, je vais pas y arriver ».

Les réseaux féminins

Et puis, au cours de mes nombreuses recherches et rencontres avant la création, je me suis interrogée sur la compatibilité de mes projets personnels et de cette nouvelle vie professionnelle (projet bébé par exemple). Quand j’ai posé la question à ma personne ressource, elle m’a orientée vers l’association « Entreprendre au féminin 86« . Première surprise, il existe pour de vrai des réseaux dédiés aux femmes. Première question : pourquoi ? ! Bon, je décide d’appeler et je tombe sur une nana super sympa qui m’invite à venir à la prochaine rencontre du réseau. J’accepte avec plaisir, avec quand même la légère appréhension de n’être qu’entre femmes (bah oui, c’est pas rare qu’on constate que quand ya que des nanas, ça part vite en cacahuète…). PRÉJUGÉ ! Au final, c’était une rencontre très sympa, et c’est vrai que le fait que ce soit exclusivement féminin apporte un truc en plus (des décibels aussi !)…

Les stéréotypes

Cet article, j’y pense parce que mardi dernier je suis allée à la rencontre organisée par le Capée et le CIDFF « Osez l’entrepreneuriat au féminin ». Et j’ai été un peu secouée par cette rencontre pour plusieurs raisons :
– beaucoup de monde ! (alors comme ça, je suis pas toute seule ? ! no way !)
– beaucoup de stéréotypes
– pas mal de « faux » freins (selon moi)
Premièrement, les stéréotypes. Je suis allée à un atelier animé par le CIDFF sur l’organisation du temps vie pro/vie privée (vaste sujet). Après avoir dressé la liste des tâches du lever au coucher, on s’aperçoit assez vite qu’il manque des heures dans une journée pour tout faire. On s’aperçoit aussi que (souvent) la femme se met toute seule dans la peau de la femme parfaite qui gère la maison, les enfants, le boulot, les sorties, le mari ; bref Wonderwoman ! Et c’est là qu’on parle de stéréotypes parce que quand on nous demande « pourquoi vous faites tout ça ? Pourquoi vous ne laissez pas votre mari en faire plus ? », la réponse est souvent « boarf, les mecs, ils feraient pas aussi bien, on devrait refaire… » ou alors  » boarf, les hommes sont plus cools, ils s’en foutent de manger des pâtes tous les soirs »… Voilà, voilà, bonjour les stéréotypes…

Les faux freins (toujours selon moi)

Mais là où je suis profondément en désaccord avec la majorité des femmes présentes ce jour-là c’est le fait que selon elles, être une femme est un frein à leur projet… ! Pire, lors du quizz, il y avait une question qui portait sur la différence de freins selon les hommes et les femmes, et je me suis retrouvée à 100 % dans les questions que se posent les hommes avant de se lancer dans la création d’entreprise… (grosse introspection en cours…^^) et pas du tout dans ceux évoqués par les femmes…
Depuis quelques temps, on n’entend que ça, les femmes par-ci, les femmes par-là, les créatrices, les porteuses de projet, la parité, l’égalité des sexes…
Pour avoir vécu l’expérience de la création d’entreprise, je peux témoigner que je n’ai jamais été victime d’être une femme (presque, au contraire !). Je n’ai jamais entendu quiconque me dire « t’es sûre ? pour une femme, c’est pas facile ». Mais d’où ? ! Il y a une règle qui dit que les hommes sont favorisés ? Il y a une règle qui dit que les femmes sont moins capables que les hommes ? A part les clichés imposés par la société ?
Je pense que dire qu’être une femme est un frein est en fait une excuse qu’on se donne pour justifier notre peur. Quand j’ai dit ça lors de cette rencontre, l’une des femmes présentes m’a dit « tu as de la chance, moi quand je parle de mon projet on me dit « ça va marcher ton truc ? » « . Et donc ? Est ce que si un homme a le même projet que toi, on ne lui poserait pas cette question aussi ? J’ai l’impression qu’on a tendance à prendre pour nous toute remarque plus ou moins négative et à le retourner contre nous, sous prétexte que l’on est une femme. Même si on regarde les chiffres, je pense que la différence entre les hommes et les femmes qui se lancent réside dans la motivation du projet. A l’heure actuelle, j’ai l’impression qu’une majorité de créateurs(rices) montent leur boîte pour se créer leur propre emploi. Si une femme a un projet de création et qu’entre temps elle trouve un poste salarié, elle choisit la sécurité car justement, elle a tout le reste à gérer (elle-même victime d’un préjugé puisque si monter sa boîte est un réel souhait, elle peut déléguer des tâches…). Ce n’est que ma façon de penser !

Faire d’être une femme une force

Quiconque a déjà fréquenté les réseaux professionnels (hormis les féminins) a pu remarquer que c’est majoritairement masculin (de moins en moins cela dit). Et bien, dans ces cas-là, être une femme est une force. Eh bien oui, pourquoi ne pas prendre le revers des préjugés ? Sans en surjouer, puisque tout le monde semble penser qu’être femme chef d’entreprise est plus difficile qu’être un homme chef d’entreprise, autant s’en servir comme d’une force. Oui, je suis une femme, oui j’ai 30 ans, oui c’est jeune je sais mais ça me convient, oui je suis maman aussi, tout à fait j’arrive à concilier ma vie privée et professionnelle et je dis « m**** » à la culture qui veut que la maman reste à la maison avec ses enfants à attendre le papa en préparant des cookies. Assumez d’être une femme dans un milieu d’hommes et vous verrez qu’ils ne sont pas si plein de préjugés qu’on ne le pense.

Et si c’était nous, les femmes, qui étions pleines de préjugés envers nous-mêmes ? Et si nous étions notre propre frein ? Femmes, foncez ! Au diable les chiffres, les stats, les stéréotypes ! Appliquez ce que vous apprenez à vos enfants « si tu n’essayes pas tu n’y arriveras pas… » (finalement, je suis peut-être un peu féministe…^^)